Castellano  |  Français

Transparence des fonds souverains arabes : vis-à-vis de qui ?


L’émir du Qatar s’est payé Harrods à Londres ». C’est ainsi que la presse aussi bien arabe qu’internationale a caractérisé la récente acquisition du célèbre magasin londonien. Et c’est justement dans cette caractérisation que réside toute l’ambiguïté sur la nature et la gestion des fonds souverains des pays arabes. En réalité, l’opération a été réalisée par Qatar Holding, un des bras d’investissement de la Qatar Investment Authority, le fonds souverain (Sovereign Wealth Fund, SWF) de l’émirat du Qatar. Un fonds souverain est supposé être un fonds public de l’Etat, gérant les excédents de devises provenant des exportations, appartenant donc à l’ensemble de ses citoyens ; il n’est pas par conséquence un fonds gérant les avoirs privés des dirigeants de cet Etat. Cependant la confusion des genres est générée en premier lieu par la qualité des dirigeants du fonds. Dans le cas qatari, le président n’est autre que le Dauphin du royaume et le directeur exécutif, le premier ministre, membre de la famille royale. Il en est de même pour les cas de Dubaï et d’Abu Dhabi. Le raccourci est donc rapidement fait dans la presse, et dans les esprits, sur l’auteur de l’investissement : est-ce le pays, à titre public, ou bien ses souverains, à titre privé ?