
La política exterior española hacia el Magreb. Actores e intereses. Miguel Hernando de Larramendi y Aurelia Mañé Estrada (Eds.) Ariel-Real Instituto Elcano, Barcelone, 2009. 275 p.
Il est de notre devoir de remercier les efforts réalisés par toute une génération de jeunes chercheurs espagnols dans l’analyse de la politique étrangère espagnole. La plupart de leurs écrits se centrent sur les domaines géopolitiques qui sont prioritaires pour notre pays où tous coïncident : Europe, Méditerranée et Amérique latine. Le livre des professeurs Miguel Hernando de Larramendi et Aurelia Mañé en est une preuve. Leur domaine d’analyse est la Méditerranée, priorité espagnole, c’est-à-dire le Maghreb. Le livre se centre sur « les acteurs » de la politique étrangère, un point que le sous-titre souligne. Cette étude est basée sur trois années de recherche. Les éditeurs notent que « le livre n’est pas un résumé exhaustif du travail du projet de recherche (SEJ 2005), mais une synthèse des principaux apports des acteurs et des intérêts de la politique étrangère dans la Méditerranée et le Maghreb ».
L’une des principales idées qui ressortent du livre est la complexité des acteurs, des intérêts, des centres de recherche, des programmes d’enseignement et autres… qui ont été publiés ces deux dernières décennies et qui sont l’objet de cette analyse ; la création d’opinions publiques et la conception de politiques dans la Méditerranée.
Le livre commence par le travail d’Elvira Sánchez qui décrit les processus de prise de décisions dans l’élaboration de la politique étrangère, en soulignant le caractère présidentialiste du processus, thème repris par d’autres auteurs. L’Espagne s’est tournée vers un présidentialisme de style français en s’écartant d’un système ouvert comme le britannique. La critique du système repose sur le fait qu’étant mal délimité fonctionnellement, de nombreuses difficultés surviennent. Les Communautés autonomes, avec des différences dans leurs statuts et institutions, introduisent des inefficacités en érodant le principe d’unité d’action. Ce chapitre décrit minutieusement les institutions et les auteurs impliqués, ce qui est une grande aide pour le lecteur non spécialisé.
Ce livre contient une série de chapitres ayant une teneur historico-contemporaine qui facilite la connaissance du parcours de la politique étrangère espagnole vis-à-vis du Maghreb. Irene Fernández analyse la participation des partis politiques, en structurant son analyse à travers les différents ministres des Affaires étrangères et leurs conseillers les plus immédiats. Larramendi, Irene González et Barbara Azaola étudient aussi la structure du ministère des Affaires étrangères, ses commissions et les hommes qui se trouvent derrière. On remarque le travail du groupe de jeunes experts (Dezcallar, Moratinos, Sendagorta, León, Iranzo…) qui, au cours de l’après-transition, font que l’Espagne devienne un leader de la Méditerranée à Bruxelles, en concurrence avec la France – le président, Nicolas Sarkozy, avec sa proposition d’Union pour la Méditerranée veut récupérer ce leadership. Les politiques sont analysées de façon critique ; il est très instructif de voir comment chaque changement dans les politiques et les institutions à l’intérieur de l’organigramme du ministère des Affaires étrangères rend nécessaire un autre changement dans les instruments pour exécuter ces nouvelles politiques.
María Dolores Algora s’occupe du rôle du ministère de la Défense dans la politique étrangère, avec une description détaillée de toutes les interventions des forces armées à l’étranger et fait un commentaire sur la fonction des organes du ministère de la Défense qui participent dans la politique étrangère.
Le rôle central dans la prise de décision de la présidence du gouvernement est développé par Uxía Lemus de la Iglesia et Haizam Amirah Fernández, qui insistent sur le caractère présidentialiste du système espagnol et la façon dont les différents présidents manifestent leur intérêt vis-à-vis de la politique étrangère, en reproduisant un ministère des Affaires étrangères à la Moncloa (Palais présidentiel), dont le staff conçoit les grandes lignes de la politique et dont l’exécution est à la charge du ministère des Affaires étrangères. Nonobstant, tout bureaucrate sait que le danger se trouve dans ce « qui est écrit entre les lignes » et dans les « règlements ». Ainsi le ministère a encore un grand pouvoir dans la politique étrangère. Les auteurs analysent amplement les relations entre les ministres et leurs cabinets. Le système espagnol est qualifié de « schéma de la méfiance ».
Thierry Desrues et Juana Moreno Nieto analysent le travail développé par certaines Communautés autonomes, telles la Junta d’Andalousie et Galicie ; Rafael García Pérez, lui, est responsable du secteur de la pêche. Analyse forcément différente où le travail de coopération avec le Maroc est amplement traité, en critiquant le manque de coordination dans le cas andalou. Il semble que le projet de l’Andalousie de devenir un pont dans les relations Espagne-Maroc, n’aura pas beaucoup de succès puisque les investissements au Maroc proviennent de la Catalogne et de Madrid. Cependant, la Junta d’Andalousie a réussi à attirer bon nombre de centres de recherche et d’enseignement et elle pourrait entrer en concurrence avec la Catalogne dans le leadership concernant la recherche et la connaissance du Maghreb. Gracia Pérez analyse les difficultés des négociations de la politique sur la pêche avec le Maroc à travers Bruxelles et comment le gouvernement central est devenu le défenseur des intérêts de la Galicie.
Trois articles sont consacrés à la participation de la société civile dans la création d’opinion publique sur les questions de politique étrangère. Angela Suárez nous parle de la « diplomatie parlementaire » et de son apparition en Espagne, en soulignant les « groupes interparlementaires d’amitié hispano-marocains » revitalisés par le discours du roi Juan Carlos I devant le Parlement marocain le 18 mars 2005. Le rôle des ONG est analysé par Laurence Thieux et Almudena Jordá dans un travail avec une profusion de données et une analyse sur l’ampleur de la coopération internationale avec le Maghreb, en particulier avec le Maroc. On retrouve à nouveau la complexité des instruments et institutions à tous les niveaux administratifs dans le domaine de la coopération internationale, le manque de coordination entre eux et le manque total de systèmes d’évaluation des résultats de cette coopération. Tout cela du fait de la prédisposition des hommes politiques dans un domaine sans grands risques, à une grande visibilité médiatique et aussi parce que les échecs et les scandales sont rarement rendus publics. Bernabé López nous ouvre les intériorités du Comité Averroès en nous faisant participer de son expérience personnelle aux origines de cet organisme. L’on retrouve à nouveau ici l’un des graves problèmes que les initiatives en tout genre doivent affronter dans la Méditerranée et que tout ceux qui se consacrent à leur étude ont souffert tôt ou tard et en différentes occasions : « l’excessive dépendance des variations des relations entre le Maroc et l’Espagne, incapables de sortir de leur logique conflictuelle à laquelle le Comité n’a pas pu apporter une réflexion indépendante ». Une réflexion personnelle de grande valeur qui illustre la frustration qu’il faut combattre avec ténacité, à tout moment.
Irene Durán analyse le rôle des entreprises espagnoles en tant qu’acteurs de la politique étrangère dans la philosophie espagnole appelée « matelas d’intérêt » dans les séminaires de Gredos. Elle regrette le manque de données et elle insiste sur le besoin, pour le gouvernement marocain, d’améliorer le code des investissements.
Pour finir, je veux souligner l’utilité de livres comme celui-ci qui offrent l’opportunité aux auteurs d’approfondir la connaissance des sujets et aux lecteurs de s’initier dans un domaine aussi complexe que la politique étrangère. Bon travail des éditeurs qui ont exposé de façon lisible des questions aussi dissemblables ; un résultat qui ne me surprend pas connaissant leurs travaux précédents. Dans un domaine comme les relations internationales, où l’opportunisme est habituel dans les moments initiaux, il faut tenir compte de qui sont les auteurs des études pour nous épargner une chose aussi précieuse que le temps de lecture. Quant à ce livre, sa lecture n’est pas une perte de temps.
Alejandro Lorca-chaire Jean Monnet, Université autonome de Madrid
Las conquistas de los árabes contadas por Hugh Kennedy
Publié en 2007 à Londres (Weidenfeld and Nicolson), le livre de l’historien britannique Hugh N. Kennedy, The Great Arab Conquests. How the Spread of Islam Changed the World We Live In a été édité en arabe, au Caire, en 2009, par le Centre national de traduction, un organisme dépendant du ministère égyptien de la Culture. Sa traduction a été l’œuvre de Qassim Abdoh Qassim, professeur d’histoire à l’université de Zaqaziq (Egypte).
L’auteur affirme, dans son introduction, avoir assigné à son ouvrage trois missions. La première est la reconstitution, dans la mesure du possible, du récit des conquêtes qui ont suivi la mort du prophète Mohammed et qui, en l’espace de quelques décennies, ont étendu les frontières du jeune Etat musulman de la péninsule Ibérique, à l’Ouest, aux confins de la Chine, à l’Est. La deuxième est celle de retracer l’histoire de l’installation des arabes dans les pays nouvellement conquis, où non seulement ils ont réussi à conserver leur identité mais aussi ils ont créé un environnement favorable à la conversion massive des autochtones à l’Islam. La troisième mission, enfin, est celle de rendre compte de la mémoire des conquêtes arabes telle qu’elle s’est formée dans un enchevêtrement de récits et de chroniques en partie légendaires.
C’est pour accomplir cette dernière mission que Hugh N. Kennedy a utilisé des sources principalement arabes et islamiques. Ces sources, si elles ne permettent pas d’avoir une vision exacte de la façon dont se sont déroulées les invasions musulmanes, sont, en revanche, « révélatrices de la façon dont les musulmans ont reconstruit leur passé et expliquent aujourd’hui l’avènement de l’Islam dans les contrées où ils vivent ». L’histoire des conquêtes est ainsi racontée par l’auteur comme une « histoire », dont il prend soin, le cas échéant, de marquer le caractère imaginaire.
Le livre est divisé en 11 chapitres, dont chacun est consacré à une grande région conquise (Syrie-Palestine, Irak, Egypte, Perse, nord de l’Afrique…) ou à un aspect particulier des campagnes arabes (la guerre navale, l’accueil réservé aux conquérants par les « conquis »,…). La conclusion revient sur les processus contrastés de formation des frontières du monde islamique (pays entièrement conquis, pays contrôlés par de simples garnisons installées aux frontières…) ainsi que sur les différentes raisons de l’islamisation progressive des peuples « soumis » (prédication religieuse, pressions fiscales…).
En regard du caractère sensible du thème de l’ouvrage dans un pays musulman comme l’Egypte, Qassim Abdoh Qassim a doublé son travail de traduction de commentaires sur certaines assertions ou hypothèses de Hugh N. Kennedy. Ces commentaires, parfois, s’apparentent à de franches mises au point dans lesquelles on ressent la volonté de défendre une vision plus commune (pour ne pas dire « officielle ») de l’expansion arabe dans le monde ancien. C’est le cas, par exemple, de cette note en page 81, dans laquelle le traducteur commente les doutes exprimés par l’auteur quant à la subordination totale des généraux arabes aux califes. « Ces doutes, […] qui ignorent complètement les documents historiques, expriment une partialité incompatible avec la recherche scientifique. Si nous appliquions cette méthode [du doute méthodique, NDLR] à l’histoire de l’humanité entière, nous serions amenés à la rejeter complètement rien que parce que nous sommes sceptiques quant à sa véracité », écrit-il.
De telles critiques n’ont pas empêché Qassim Abdoh Qassim d’aligner, dans son introduction, les éloges de l’érudition de l’auteur, de sa parfaite connaissance des sources historiques et littéraires arabes et, surtout, de son objectivité, « qui lui fait écrire que la majeure partie des conquêtes arabes ont été des conquêtes pacifiques ».
Yassin Temlali-journaliste-Algérie
Mohammed VI, le grand malentendu. Ali Amar, Calmann-Lévy 2009, 333 p.
Ali Amar est-il le nouveau Gilles Perrault ? Notre ami le roi publié en 1990 par ce dernier et qui révélait la face cachée du régime d’Hassan II avait fait l’effet d’une bombe au point de contraindre le souverain à libérer un grand nombre de détenus politiques des différentes prisons mouroirs du royaume.
Depuis l’accession au trône de Mohammed VI, le contexte chérifien a évolué. D’une opposition fortement politisée et réprimée sous Hassan II, on assiste depuis une dizaine d’années à la mise en place d’un compromis entre le nouveau roi et les élites politiques et militaires. Les anciens opposants sont cooptés à des postes stratégiques et d’envergure pour mieux les museler et s’assurer leur soumission. L’intention du livre d’Ali Amar n’est donc pas de révéler comme son illustre prédécesseur les différentes atteintes aux droits de l’homme mais de dénoncer l’affairisme et la corruption. Autre temps, autres mœurs…
Certes, les interdits du régime ont survécu à la mort d’Hassan II : sacralité du roi, absolutisme monarchique, question du Sahara occidental mais les espérances suscitées par le nouveau règne ont été nombreuses. Ainsi, surtout pour se distinguer du père, les premières années ont vu se succéder à un rythme effréné la réforme du droit des femmes, la mise en place de l’Instance équité et réconciliation, le limogeage de Driss Basri ou encore le retour symbolique au Maroc d’Abraham Serfaty. Pourtant, 10 ans après, la déception l’emporte : « Le régime a peaufiné sa devanture, mais préservé sa nature profonde », souligne Ali Amar.
Que reste-t-il aujourd’hui de cette image de roi moderne et proche du peuple véhiculée notamment par une presse étrangère magnanime ? Avant d’être le roi des pauvres, le roi du Maroc est avant tout un très riche et un très autoritaire roi. Il ne faut pas se leurrer, le sobriquet de roi des pauvres est destiné à contrer la poussée politique des islamistes modérés et radicaux recrutant principalement parmi les classes sociales les plus défavorisées. Enfin, s’il rompt quelque peu avec l’arbitraire hassanien, les formes moyenâgeuses d’exercice du pouvoir inspirant à ses sujets et à ses courtisans crainte révérencieuse et idôlaterie demeurent une constante monarchique.
Le livre d’Ali Amar n’est pas une critique au vitriol des 10 années de règne de Mohammed VI, comme le laissait suggérer le titre. Le roi n’est pas réellement et directement mis en cause. Comme il est de coutume au Maroc, on tire à blanc sur les représentants du pouvoir, les courtisans, les affairistes. Le roi demeure une fois de plus intouchable.
Laurent Pointier-EHESS-Paris
Madrid, petite ville de l’Islam médiéval (IXè-XXIè siècles). Christine Mazzoli-Guintard, Presses Universitaires de Rennes, 2009. 267 p.
Lorsque l’on parle de Madrid et de son histoire, on se souvient facilement de l’importance stratégique et politique de la capitale espagnole tout au long des siècles, mais rares sont ceux qui savent qu’en réalité Madrid était une petite forteresse médiévale fondée à la fin du IXème siècle par Mouhammad I, émir de Cordoue. C’est la seule capitale d’un Etat européen actuel fondée par un musulman. Le professeur Christine Mazzoli-Guintard (Université de Nantes) présente au lecteur un intéressant parcours à travers l’histoire de Madrid en tant que ville musulmane depuis ses débuts comme fortification omeyyade aux confins de l’émirat jusqu’à l’époque actuelle, une histoire où les vestiges du passé s’efforcent de se faire comprendre.
Cet ouvrage à caractère fondamentalement académique permet de jeter un peu de lumière sur l’époque la moins connue de la ville, son étape musulmane en tant qu’avant-garde fondée non seulement dans le but de protéger la frontière nord de la province de Tolède, mais aussi en tant qu’élément du système de contrôle tributaire et politique des confins de l’émirat de Cordoue.
Ainsi donc, l’émir de Cordoue, Mouhammad I (852-886) ordonna la construction de l’al-qasr de Madrid à une date indéterminée entre les années 860 et 880, selon un texte d’al-Himrayi, au début en tant que simple place forte (hisn) et plus tard comme une ville (madina). Le choix de son emplacement ne fut pas un hasard : il était entouré d’une large vallée fertile et l’accès aux réserves aquifères était facile. L’auteur, spécialiste du monde urbain andalou, raconte en détail l’évolution des recherches étymologiques et historiques sur l’origine du nom de Madrid, et elle penche pour la théorie selon laquelle le toponyme arabe Magrit tenait son origine du terme magra, qui signifierait quelque chose comme « lieu où les eaux sont abondantes ». Il est intéressant de découvrir qu’il semblerait que les premiers habitants des parages de Madrid étaient des agriculteurs berbères, bien qu’on ne connaisse pas leur origine.
Le livre est divisé en trois blocs :
« Mythes et réalités d’une fondation » ; « Le temps de la croissance urbaine (Xème et XIème siècles) » ; et « Madrid et les autres, d’hier à aujourd’hui ». Cet ouvrage inclut divers plans du tracé des anciennes murailles, ainsi que du matériel photographique sur les restes archéologiques d’une partie de la muraille médiévale trouvés à la Cuesta de La Vega. Tout au long des deux siècles de présence musulmane jusqu’à sa conquête par les chrétiens de Fernando I, entre 1047 et 1060, la composition démographique de Madrid évolua progressivement, avec une augmentation de la population civile au détriment de la population militaire. La population s’installa au-delà des murs de la médina en formant des faubourgs, comme ceux des collines de San Andrés et Las Vistillas, et ils se consacraient principalement à des activités agricoles, artisanales et commerciales.
Dans la préface, Mª Jesus Viguera Molins (professeur d’Etudes arabes à l’Université Complutense de Madrid) souligne judicieusement que Madrid manquait d’un livre comme celui-ci. Cependant, il aurait était utile et instructif, pour toucher un public plus large et ne pas se limiter à l’historiographie académique, d’inclure une introduction à caractère plus divulgateur. En effet, le livre abonde dans l’analyse des différentes théories, hypothèses et évidences historiques sur cette étape moins connue de l’histoire de la ville. Il aborde en particulier les grands débats sur l’étymologie, la toponymie ainsi que l’emplacement exact de la forteresse en faisant mention de théories d’experts comme J. Oliver Asín, F. Valdés Fernández et M. Retuerce Velasco, entres autres. Ce parcourt académique est accompagné d’une dense compilation bibliographique, principalement utile pour les experts. Une rédaction plus simple et didactique aurait permis d’élargir le spectre des lecteurs, éminemment académique.
Le dernier chapitre, « D’hier à aujourd’hui, les agrandissements du Madrid musulman (XIIème-XXIème siècles) », révise exhaustivement les vestiges et les réminiscences de la présence musulmane dans la ville, mais il est plus centré sur les restes archéologiques et la promotion du patrimoine que sur un authentique effort pour tâter le pouls du Madrid actuel, où l’on enregistre à nouveau une importante communauté musulmane de prés de 200 000 membres et où se trouve la principale mosquée d’Espagne. Ce livre contribue tout de même de façon substantielle à la connaissance des détails d’une des étapes les moins connues de l’histoire de la ville.
Paqui Santonja Mayor-conseillère exécutive. Cabinet du secrétariat d’Etat à l’UE- Ministère espagnol des Affaires étrangères et de la coopération
Población y desarrollo en el Mediterráneo. Transiciones demográficas y desigualdades socioeconómicas. Y. Courbage, T. Youssef, G. Martine, P. Fargues et autres. Icaria Antrazyt/IEMed, Barcelone 2009. 408 p.
L’augmentation des flux migratoires Sud-Nord et leur lien avec le manque de développement sur la rive sud de la Méditerranée a contribué à nourrir le mythe d’une « menace démographique ». Une analyse pausée de l’évolution des dynamiques démographiques démontre que cette prétendue « bombe démographique » ne correspond pas aux dynamiques démographiques des pays arabes. Le rythme de croissance de la population s’est réduit ces dernières décennies s’éloignant ainsi de bon nombre des projections prospectives réalisées dans le passé. La structure de la population va évoluer ces prochaines décennies vers un plus grand vieillissement, ce qui oblige à repenser les stratégies de croissance et développement. Cette monographie collective qui recueille les rapports présentés par des académiciens et des experts européens et arabes lors du Forum méditerranéen de population organisé conjointement en 2007 par l’IEMed et le Fonds de population des Nations unies (UNFPA) en tant que base pour créer un Agenda partagé de population et développement dans le cadre du Processus euroméditerranéen, analyse cette question. Le faible intérêt prêté jusque là à cette question clé dans le cadre du Processus de Barcelone est surprenant.
Cet ouvrage recueille les contributions d’un éventail de 22 experts et chercheurs en démographie, développement et mouvements migratoires (Y. Courbage, N. Fergany, Ph. Fargues, entre autres) qui abordent les défis et les opportunités que les transformations démographiques génèrent dans les pays arabes de la Méditerranée sud et orientale.
La monographie est structurée en quatre parties avec un schéma commun : un exposé général suivi de plusieurs analyses sectorielles plus concrètes, liées à la situation dans la région méditerranéenne.
Les processus de transition démographique et les défis que fournit la transformation de la structure d’âges dans les sociétés du sud de la Méditerranée font l’objet d’analyse dans la première partie. La combinaison d’une moindre proportion de population dépendante (moins de 14 ans et plus de 65 ans) et un plus grand nombre de population en âge actif offre à la plupart des Etats de la région qui vont se trouver dans cette phase une opportunité historique pour leur développement.
La seconde partie analyse l’impact des changements démographiques dans les sociétés en les liant aux défis du développement. 30 % de la population de la région a moins de 29 ans et la moitié se trouve dans l’âge actif. Quatre millions de jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année. Bien qu’ils soient la ressource la plus précieuse pour leurs Etats, les jeunes arabes sont déçus et, de même que les femmes, ils affrontent un problème d’exclusion qui empêche de tirer profit du « dividende démographique » que suppose l’existence de la génération la plus nombreuse et l’incorporation de la femme à l’espace public. Cette marginalisation risque d’accentuer la crise de développement humain dans la région. Cette exclusion ne se limite pas au marché du travail, mais elle s’étend à toute une série de domaines liés entre eux comme l’éducation, le logement ou le mariage. Les différentes contributions soulignent le besoin de « lubrifier » l’intégration des jeunes et des femmes dans la vie économique et sociale, en promouvant une meilleure connaissance de la situation à l’échelle nationale à coordonner avec l’établissement de politiques publiques.
L’espace où ces changements démographiques et sociaux ont lieu est analysé dans la troisième partie du livre. L’une des caractéristiques mondiales les plus notoires des dernières décennies a été l’imparable processus d’urbanisation, plus accéléré dans les pays en voie de développement. Dans les 22 pays côtiers de la Méditerranée, la population urbaine est passée de 90 millions en 1950, c’est-à-dire 42 % de la population totale, à 290 millions en 2003, soit 63 % de la population totale. Au cours des 20 prochaines années, les villes des pays du Sud vont accroître leur population de 86 millions d’habitants. Arriver à un usage durable de l’espace urbain est fondamental pour le développement aussi bien en termes environnementaux que sociaux. Ceci requiert pour les auteurs la définition et la promotion de politiques proactives.
La dernière partie du livre analyse les migrations internationales aussi bien Sud-Nord que Sud-Sud, moins étudiées. La gestion de la mobilité transnationale au-delà des positions sécuritaires est l’un des principaux défis posés par les auteurs. Les contributions s’écartent du discours public, plus centré sur les coûts et les risques associés à l’immigration que sur le potentiel et les bénéfices partagés que les migrations peuvent fournir si elles sont abordées de façon coordonnée.
Miguel Hernando de Larramendi-GRESAM- Université de Castille-La Manche
Israel i Palestina: un segle de conflicto. Ferran Izquierdo Brichs, Eumo (colection « Al dia »), Vic, 2009. 160 p.
Le conflit provoqué par la création d’Israël et la colonisation des territoires palestiniens a été traité maintes fois par des auteurs espagnols. Cependant, l’approche de Ferran Izquierdo ressort dans le paysage éditorial actuel pour différentes raisons. Tel que le titre l’indique, le livre du professeur Izquierdo présente une histoire du conflit depuis ses origines, divulgatrice, facile et accessible, mais qui ne renonce pas à la rigueur du travail scientifique. De plus, on y trouve une analyse critique de l’évolution du processus colonial israélien et de la résistance palestinienne.
Le professeur de Relations internationales de l’Université autonome de Barcelone présente une histoire du conflit israélo-palestinien qui nous introduit dans les tensions sociales de deux sociétés : des changements provoqués par la transition au capitalisme et l’insertion dans le marché global ; en passant par l’impact de l’immigration sioniste, la création des premières colonies, l’expulsion de la plupart de la population palestinienne de l’Israël actuel et les problèmes des réfugiés ; jusqu’à arriver aux conditions de vie actuelles des palestiniens sous le régime d’occupation en Cisjordanie, à Jérusalem Est et dans la Bande de Gaza. De la même façon, cette petite histoire reflète la dynamique politique qui naît du projet nationaliste sioniste parmi certains secteurs européens d’ascendance juive, les guerres, la résistance palestinienne, les intifadas, sans oublier la compétition pour le pouvoir entre les élites israéliennes et palestiniennes, leur influence sur le conflit et l’échec du processus de paix, ni le rôle joué par les acteurs internationaux, comme la colonisation britannique, les Nations Unies, les USA et l’UE.
En définitive, nous nous trouvons face à un livre indispensable pour une première approche du conflit israélo-palestinien, qui devrait être traduit du catalan au castillan pour être accessible à un public plus large.
Ignacio Alvarez-Ossorio-professeur d’Etudes Arabes et Islamiques de l’Université d’Alicante
Lu ce trimestre
Mediterranean perspectives. Revista NOMADS: Critical Review of Social and Juridical Sciences, n°1, 2009/1.
Ce numéro spécial de la revue NOMADS est publié par l’Institut Universitaire euroméditerraneéen (IUEM) de l’Université Complutense de Madrid. Il comporte 23 contributions importantes de spécialistes reconnus des deux rives de la Méditerranée. Les thèmes traités sont variés et portent sur toutes les disciplines des sciences humaines et juridiques. Avec ses 781 pages, ce volume est d’une très grande utilité, non seulement pour les étudiants de l’Institut, mais pour tous ceux qui s’intéressent aux grandes problématiques de l’espace méditerranéen.
Les langues utilisées dans l’ouvrage sont principalement l’espagnol, le français et l’anglais. C’est un avantage certain. Mais les traductions auraient sans doute gagné à être révisées.
Jóvenes pensando el Mediterráneo. Director de la publicación, profesor Enric Olivé Serret. Editorial URV, Tarragona, 2008.
C’est un ouvrage surprenant par la richesse et la variété des thèmes traités. On doit être reconnaissant au professeur Enric Olivé d’avoir pris l’initiative de réunir des jeunes chercheurs pour présenter, dans cet ouvrage, la quintessence de leurs travaux de recherches. C’est la nouvelle génération de chercheurs qui va, dans les années à venir, prendre le relais. Et l’idée de créer un réseau de jeunes chercheurs est tout simplement remarquable.
En parcourant les différentes contributions, on est surpris par l’intérêt renouvelé porté à la réflexion sur la modernité, la musique, la littérature, la cuisine, la chanson et naturellement la mobilité migratoire. C’est un regard neuf que portent les jeunes sur toutes ces thématiques. Et c’est rassurant de constater que la Méditerranée continue à offrir tant de nouveaux champs pour la recherche scientifique.
La Republica Pretoriana: Ejército y poder en Argelia (1954-1978). José Luis Gómez Puyuelo (prólogo de Rafael Bustos). Editorial IBERSAF, Madrid 2009.
Cet ouvrage est, en fait, la thèse de doctorat de José Luis Gómez Puyuelo. Qu’un tel ouvrage soit publié en Espagne est sûrement une contribution importante pour comprendre l’évolution de l’Algérie pendant la période décisive de constitution de l’Etat indépendant et le rôle qu’a joué l’armée algérienne dans l’Etat national naissant. Comme on le sait, en dépit de la proximité géographique de l’Algérie et de l’Espagne, des échanges énergétiques intenses entre les deux pays et la présence des sociétés espagnoles dans ce grand pays maghrébin, rares sont les publications en langue espagnole sur l’Algérie. Et les spécialistes espagnols de l’Algérie se comptent sur les doigts d’une seule main.
Sans doute le livre de Gómez Puyuelo ne comble pas, à lui seul, cette lacune éditoriale, mais il apporte un éclairage important sur la période qui s’étend de 1962 à 1978, qui est la période fondatrice de l’Algérie contemporaine, pendant laquelle l’armée algérienne se confond avec l’Etat tant celui-ci en est l’émanation, et tant l’ordre politique algérien a été, et demeure du reste, subordonné à l’ordre militaire.
Cet ouvrage examine, dès lors avec minutie, cette imbrication entre Etat et armée pendant les années Ben Bella et Boumediene. Utilisant une documentation abondante, l’ouvrage de Gómez Puyuelo est une lecture indispensable pour tous ceux qui, en Espagne, s’intéressent à l’Algérie et au-delà de l’exemple algérien, au rôle de l’armée dans les pays du Tiers-Monde, dans la période postcoloniale.
L’idéal égalitaire féminin à l’œuvre au Maroc. Feminisme, islam(isme), sécularisme. Mohammed Mouaqit, L’Harmattan, París, 2009
Partout dans le monde musulman, l’entreprise de la modernité et de la modernisation achoppe sur le statut social de la femme, et surtout sur son statut juridique. Le salafisme réformiste, cadre idéologique dominant dans le monde musulman, est à la fois ce qui permet de faire avancer le statut de la femme et ce qui en limite les potentialités d’évolution. Il est le « lieu » idéologique où cette évolution trouve son essoufflement sécularisateur. Le cas du Maroc permet d’illustrer cette dynamique.
Elecciones sin elección. Procesos electorales en Oriente Medio y el Magreb. Ignacio Álvarez-Ossorio y Luciano Zaccara, Ediciones del Oriente y del Mediterráneo, Guadarrama, 2009.
Les élections au Moyen-Orient et au Maghreb sont aussi intéressantes par ce qu’elles montrent que par ce qu’elles cachent. Dans la plupart des cas, il s’agit d’élections sans choix, puisqu’elles n’offrent aucune opportunité réelle d’alternance politique, ni de véritable concurrence entre des formations aux programmes bien différenciés. De fait, peu de parlements arabes assurent une représentation plurielle de la société et ont la capacité de mettre un frein aux tendances autocratiques des gouvernants. La participation de l’opposition est quelquefois autorisée, à la condition d’accepter un certain nombre de limites à ne pas dépasser pour ne pas menacer la répartition du pouvoir dominant. Dans un tel contexte, l’Islam politique, tirant profit de la lassitude populaire envers des régimes qui se perpétuent au pouvoir depuis des décennies, montre un essor exceptionnel.
L’ouvrage est structuré en trois blocs : le premier consacré aux pays non arabes du Moyen-Orient (Iran, Turquie et Israël), le second à certains pays arabes de cette même région (Egypte, Liban, Yémen et les territoires occupés palestiniens) et le troisième au Maghreb (avec les cas du Maroc et de l’Algérie).
Références
Maghreb
– Terrains de campagne au Maroc. Les élections législatives de 2007. Lamia Zaki, Karthala, Paris, 2009.
– La Vieillesse au Maroc. Récit de vie et portraits. Isabelle Jacquet, Académie Bruylant, Louvain-la-Neuve, 2009.
– Los judíos hispano-marroquíes: 1492 – 1973. Jacobo Israel Garzón, Hebraica Ediciones et Ediciones Casa Sefarad-Israel, Madrid, 2009.
– Blocaos. Vida y muerte en Marruecos. Juan García del Río Fernández, Almena Ediciones, Madrid, 2009.
– Le débat juridique au Maghreb. De l’étatisme à l’Etat de droit. Yadh Benachour, Jean-Robert Henry, Rostane Mehdi, Publisud, Paris, 2009.
– El Magreb y sus fronteras en el mar. Conflictos de delimitación y propuestas de solución. Víctor Luis Gutiérrez Castillo, Huygens Editorial, Barcelone, 2009.
– Le Maghreb face aux défis de l’ouverture en Méditerranée. Lahsen Abdelmalki, Karima Bounemra Ben Soltane et Mustapha Sadni-Jallab (dir.), L’Harmattan, Paris, 2009.
– España y Mauritania: Sáhara, pesca, inmigración y desarrollo en el centro de la agenda bilateral. Ana I. Planet Contreras et Miguel H. de Larramendi, Documentos CIDOB, CIDOB, Barcelone, 2009.
Histoire/monde arabe/Proche-Orient
– Historia de Oriente Medio. De la antigüedad a nuestros días. Georges Corm, Ediciones Península, Barcelone, 2009.
– Al-Andalus/España. Historiografías en contraste: siglos XVII – XXI. A.A.V.V., Casa de Velázquez, Madrid, 2009.
– Málaga en 1487. El legado musulmán. Mª Victoria García Ruiz, Diputación Provincial de Málaga, 2009.
– El jinete morisco. Rodrigo de Zayas, Almuzara Editorial, Cordoue, 2009.
– Historia de Tánger. Leopoldo Ceballos López, Almuzara Ediciones, Cordoue, 2009.
– Destiny disrupted. A history of the world through Islamic eyes. Tamim Ansary, Public Affairs, New York, 2009.
– Napoleón en Egipto. Paul Strathern, Ediciones Militaria, Barcelone, 2009.
– An Atlas of Middle Eastern affairs. Ewan W. Anderson et Leam D. Anderson, Routledge, Londres, 2009.
– What’s really wrong with the Middle East. Brian Whitaker, Saqi Books, Londres, 2009.
– The Arab State and the Neo-Liberal globalization. The restructuring of State power in the Middle East. Laura Guazzone et Daniela Pioppi (eds.), Ithaca Press, Reading, 2009.
– The struggle over democracy in the Middle East. Regional politics and external policies. Nathan J. Brown et Emad Shahin, Routledge, Londres, 2009.
– Getting to pluralism: political actors in the Arab world. Marina Ottaway, Amr Hamzawy, Michel Dunne, Carnegie Endowment for International Peace, Washington D. C., 2009.
– Política y religión en el campo islámico. Mohammed-Chérif Ferjani, Ediciones Bellaterra, Barcelone, 2009.
– Poder y regimenes en el mundo árabe contemporáneo. Ferran Izquierdo-Brichs (ed.), Edicions Bellaterra, Barcelone, 2009.
– Mirando al mundo árabe. Montserrat Abumalham, Editorial Complutense, Madrid, 2009.
– Politique de la piété. Le féminisme à l’épreuve du renouveau islamique. Saba Mahmood, La Découverte, Paris, 2009.
– Questioning the veil. Open letters to Muslim women. Marnia Lazreg, Princeton University Press, New Jersey, 2009.
– Egypt the moment of change. Rabab El Mahdi (ed.), Zed Books, Londres, 2009.
– What happened to participation? Urban development and authoritarian upgrading in Cairo’s informal neighbourhoods. Elena Piffero, Odoya, Bologne, 2009.
– Global dreams. Class gender and public space in cosmopolitan Cairo. Anouk de Koning, American University in Cairo Press, Le Caire, 2009.
– Israelism: Arab scholarship on Israel, a critical assessment. Hassan A. Barari, Ithaca Press, Reading, 2009.
– El conflicto árabe-israelí. Una visión no estatolátrica. José F. Durán Velasco, Bósforo libros, Madrid, 2009.
– The Arab-Israeli conflict. An introduction and documentary reader. Gregory S. Mahler et Alden R. W. Mahler, Routledge, Londres, 2009.
– Le Hamas et l’édification de l’Etat palestinien. Olivier Danino, Karthala, Paris, 2009.
– Hamas. Che cosa vuole il movimento radicale palestinese. Paola Caridi, Feltrinelli Editore, Milan, 2009.
– Le Liban : Phoenix à l’épreuve de l’échiquier géopolitique international (1950-2008). Kazem Khalife, L’Harmattan, Paris, 2009.
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– Nuclear energy in the Gulf. The Emirates Center for Strategic Studies and Research (ed.), Abu Dhabi, 2009.
Méditerranéen /Economie/Europe/ Migrations
– Emergence en Méditerranée. Attractivité, investissements internationaux et délocalisations. Hakim Ben Hammouda, Nassim Oulmane, René Sandretto. L’Harmattan, Paris, 2009.
– MediTerra 2009.. Repenser le développement rural en Méditerranée. CIHEAM et Plan Bleu, PUF, Paris, 2009.
– Il nuovo Mediterraneo: conflitti e coesistenza pacifica. Dominique Beudou-Soupou (dir.), L’Harmattan Italia, Turin, 2009.
– Allah a-t-il sa place dans l’entreprise? Dounia Bouzar et Lylia Bouzar, Albin Michel, Paris, 2009.
– Islamist radicalisation. The challenge for Euro-Mediterranean relations. Michael Emerson, Kristina Kausch et Richard Youngs, Centre for European Policy Studies et Fride, Bruxelles – Madrid, 2009.
– España y la promoción de los derechos humanos en el Mediterráneo (1996 – 2007). Propuesta de un modelo de análisis. Laura Feliu, Documentos CIDOB, Serie: Mediterráneo, nº 14, Fundació CIDOB, Barcelone, 2009.
– Que veut la Turquie? Ambitions et stratégies internationales. Gilles Dorronsoro, Autrement, Paris, 2009.
– Islam, democracy, and dialogue in Turkey. Deliberating in divided societies. Bora Kanra, Ashgate, 2009.
– La cité au travail. L’insertion des jeunes de « banlieue » d’origine maghrébine. Jacques Chavanes, L’Harmattan, Paris, 2009.
– Yearbook of Muslims in Europe. Volume 1. Jørgen S. Nielsen, Samin Akgönül, Ahmet Alibašic, Brigitte Maréchal, Christian Moe (ed.), Brill, Amsterdam, 2009.
– Muslims of Europe. The « other » Europeans. H. A. Hellyer, Edinburgh University Press, Edimbourg, 2009.
– Aux nouvelles frontières de l’Europe. L’aventure incertaine des Sénégalais au Maroc. Anïk Pian, La Dispute, Bordeaux, 2009.
– Los derechos de los inmigrantes en España. Eliseo Aja (coord.) Tirant lo Blanch, Valence, 2009.
– Los árabes en América Latina. Historia de una emigración. Abdeluahed Amir (Coord.) Siglo XXI de España Editores, Madrid, 2009.
Littérature/Etudes linguistiques /Expressions artistiques
– Nedjma. Kateb Yacine, L’Harmattan, Paris, 2009.
– Beirut, I love you. Zena El Khalil (traduction de l’anglais de Clara Ministral), Siruela, Madrid, 2009.
– El que el dia deu a la nit. Yasmina Khadra (traduction de Pau J. Hernàndez), Edicions 62, Barcelone, 2009.
– Che il velo sia da sposa. Ghada Abdel Aal (traduction de l’arabe de Barbara Teresa), Epoché, Milan, 2009.
– El viaje del pequeño Gandhi. Elías Khoury (traduction de l’arabe de M. Luz Comendador), Icaria Editorial, Barcelone, 2009.
– Ialo. Elias Khoury (traduction de l’arabe de Jaume Ferrer Carmona), Club Editor, Barcelone, 2009.
– Mi Marruecos. Abdelá Taia, Cabaret Voltaire, Barcelone, 2009.
– Nos silences. Wahiba Khiari, Elyzad, Tunisie, 2009.
– Quand ils rêvent les oiseaux. Noura Bensaad, Elyzad, Tunisie, 2009.
– Dhahaba ma´a almatar. Muhammad Said Almaush, Chihab Editions, Alger, 2009.
– Portes de Beyrouth et autres poèmes. Abbas Beydoun, Actes sud, Paris, 2009.
– Marabouts, Maroc. Tahar Ben Jelloun, Gallimard, Paris, 2009.
– Sempre nel posto sbagliato. Autobiografía. Edward W. Said, Feltrinelli Editore, Milan, 2009.
– Me acuerdo…..Beirut. Zeina Abirached (traduction de Lucía Bermúdez), Sins Entido, Madrid, 2009.
– As-siru adh-dhatiyyatu fi biladi aš-šami. Maher Charif et Qaïs Ezzerelli, IFPO et Dar al Mada, Damas, 2009.
– Lingua franca, histoire d’une langue métisse en Méditerranée. Jocelyne Dakhlia, Actes Sud, Paris, 2009.
– Al-’ayn. Curso de árabe prebásico (libro + DVD). Elías Bosco Timoneda, Albujayra, Alicante, 2009.
– Biblioteca de al-Andalus. Volumen II (De Ibn Adha a Ibn Busra). Fundación Ibn Tufayl de Estudios Árabes, Almería, 2009.
– Biblioteca de al-Andalus. Volumen VI (De Ibn al- Yaqqab a Nubdat al-Asr). Fundación Ibn Tufayl de Estudios Árabes, Almería, 2009.
– Medina Azzahara y Alamiriya. Arte y Califato de Cordoue. Ricardo Velásquez Bosco, Extramuros Edición, Séville, 2009.
– Los mundos del Islam en la colección del Museo Aga Khan. Fundación la Caixa, Barcelone, 2009.
– Cinquante ans de cinéma maghrébin. Dense Brahimi, Minerva, Paris, 2009.
– Gaza Graffiti. Messages of love and politics. Mia Gröndahl, American University in Cairo Press, Le Caire, 2009.
Pensée/Religions
– Le soufisme. Thierry Zarcone, Gallimard, Paris, 2009.
– Islam and disability. Perspectives in theology and jurisprudence. Mohammed Ghaly, Routledge, Oxford, 2009.
– Germán de Silesia. Interpretatio alcorani litteralis. Antonio García Masegosa, Consejo Superior de Investigaciones, Madrid, 2009.
– Los origines del fundamentalismo en el judaísmo, el cristianismo y el islam. Karen Armstrong, Tusquets Editores, Barcelone, 2009.
– Islam and modernity. Key issues and debates. Muhammad Khalid Masud, Armando Salvatore, Martin van Bruinessen (ed.), Edinburgh University Press, Edimbourg, 2009.
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– España en el Mediterráneo: una agenda recuperada ¿a tiempo? Jesús A. Núñez Villaverde, ARI 153/2009, Real Instituto Elcano, Madrid, 2009.
http://www.realinstitutoelcano.org/wps/portal/rielcano/contenido?WCM_GLOBAL_CONTEXT=/elcano/elcano_es/zonas_es/mediterraneo+y+mundo+arabe/ari153-2009
– Le développement d’entreprises dans les pays méditerranéens. Constats. Stratégie. Actions. Guillaume Alméras, Papers IEMed, Nº 8, IEMed, Barcelone, 2009.
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– Suivi de la stratégie méditerranéenne de développement durable: principaux indicateurs. Actualisation 2009. Plan Bleu, Valbonne, septembre 2009.
http://www.planbleu.org/publications/IndicateursSMDD2009.pdf
– Mohamed VI, año X: mito y realidad de la transición marroquí. David Alvarado, Notes Internacionals CIDOB 7, CIDOB, Barcelone, octobre 2009.
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